Accidents de Décompression

dimanche 10 juin 2007
par  DEMANTE Didier , LEGRAND Denis
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 1 - Rappel des lois de Mariotte, Dalton et Henry

1.1 Loi de Mariotte

"Pour un gaz parfait, à température constante, le volume d’un gaz est inversement proportionnel à la pression qu’il reçoit."

Formule mathématique : Pression X Volume = Constante

1.2 Loi de Dalton

"La pression d’un mélange gazeux est égale à la somme des pressions qu’aurait chacun des gaz s’il occupait seul le volume total."

Formule mathématique : Pp (gaz) = PAbs x %(gaz)

Avec :

Pp (gaz) Pression partielle du gaz concidéré
PAbs pression absolu (ou totale) du mélange gazeux
%(gaz) pourcentage du gaz contenu dans le mélange

1.3 Loi de Henry

"A température constante et à saturation, la quantité de gaz dissout dans un liquide est proportionnelle à la pression partielle qu’exerce ce gaz sur le liquide."

Formule mathématique : à l’équilibre, on a Pp(gaz) = T(gaz)

Avec :

Pp(gaz) pression partielle du gaz exercée sur le liquide
T(gaz) quantité de gaz dissout dans le liquide, également appelée Tension du gaz dans le liquide

Période de saturation d’un tissus.

On appelle période d’un liquide le temps qu’il met pour diviser par 2 la différence qu’il y a entre la pression partielle qu’un gaz exerce sur ce liquide et la tension de ce gaz dans ce liquide. Cette préiode est constante, et propre à chaque liquide.

1.4 Composition de l’air

L’air sec est composé de :

- 78.1 % d’azote
- 20.8 % d’oxygéne
- 00.9 % d’argon
- 00.2 % de gaz rare : dioxyde de carbone, ozone, monoxyde d’azote, hélium, néon,

De plus, l’air ambiant n’est pas sec. En fonction des conditions atmosphérique, la quantité de vapeur d’eau présente dans l’air peut aller de 0 à 7%.

 2 - Mécanisme de l’accident de décompression

2.1 Dangerosité des gaz contenus dans l’air

2.1.1 L’azote

Principale constituant de l’air respiré par le plongeur, il est totalement neutre pour l’organsime. Cela sigifie qu’il n’a aucune intéraction avec les cellules du corps. Il va donc pouvoir se dissoudre dans les tissus, puis se retransformer en gaz sans qu’il n’y ait aucun moyen pour l’organisme de l’assimiler d’une autre façon.

C’est de la désaturation de l’azote que va venir l’accident de décompression.

2.1.2 L’oxygéne

Deuxiéme élément en quantité contenu dans l’air, l’oxygène, contrairement à l’azote, est très interactif avec l’organisme (voir le cours sur l’appareil circulatoire). Il va, comme l’azote, se dissoudre dans les tissus, pui se retransformer en gaz. Cependant, dès qu’il sera transformé en gaz, il sera capté par l’hémoglobine des hématies. Il ne formera pas de micro-bulles.

En surface, 1 litre de sang contient 7 ml d’Oxygène dissout et 200 ml d’oxygène contenu sous forme d’oxyhémoglobine. La capacité d’assimilation de l’oxygène par le sang rend donc ce gaz inoffensif dans le cadre d’un accident de décompression.

2.1.3 Les autres gaz

Les autres gaz présents dans l’air respiré sont neutres pour l’organisme, à l’exception du dioxyde de carbone. Ils vont donc formés des micro-bulles, qui vont se joindre aux micro-bulles d’azote. Néanmoins, leurs quantités est trop faible pour que leur dangerosité soit significative.

2.2 La descente

Durant la descente, le plongeur est en sous-saturation d’azote. L’azote va donc se dissoudre dans les différents tissus de l’organisme, plus ou moins vite selon chaque tissus, sa vascularisation et sa proximité d’une cavité (oreille, tissus pulmonaire, ...)

Le sang va être le tissus qui va se saturer le plus rapidement. C’est également lui qui va permettre la saturation de la majorité des autres tissus. La tension d’azote dans le sang étant supérieure à la tension d’azote dans les tissus avoisinant, l’azote va passer du sang vers les tissus en question.

2.3 La remontée

Durant la remontée, les tissus du plongeur vont être en sur-saturation d’azote. Ce gaz va donc sortir du sang. En fonction de l’écart entre la tension d’azote dans chaque tissus et la pression partielle d’azote respiré, cette désaturation sera plus ou moins rapide, voire violente. Si à un instant donné, pour un tissu donné, le rapport entre la tension en azote et la pression partielle d’azote respiré est supérieur au coefficient de sur-saturation critique du tissu en question on a un dégazage anarchique de l’azote, et à la formation de bulle de gaz qui vont perturber l’organisme de manière plus ou moins grave : c’est l’accident de décompression.

2.4 L’impact de la loi de Mariotte

Par sa présence même, une bulle d’azote qui se forme va perturber l’organisme. De plus, le plongeur continuant sa remontée, la pression va baisser, et par voie de conséquence, le volume de cette bulle va augmenter, aggravant encore la situation.

2.5 L’impact des propriétés du sang

Le sang, en particulier les plaquettes, se coagulent au contact de l’air. Si une bulle d’azote se forme dans une veine ou une artère, le sang va coaguler de chaque coté, bloquant la circulation en amont et en aval de la bulle, et entraînant une nécrose des cellules alimentés par le vaisseau toucher. Ces cellues vont envoyés des signaux chimiques signalant à l’organisme leur asphixie. L’organisme va réagir de la même façon que s’il se trouvait face à une hémorragie. L’organisme va être en état de choc : baisse du débit cardiaque, hausse de la perméabilité des vaisseaux qui va entrâiner une fuite du plasma et un épaississement du sang, le tout entravant la désaturation.

 3 - Facteur favorisant l’accident de décompression

Différents facteurs vont influencés l’apparition d’un accident de décompression, ainsi que sa gravité.

3.1 Facteurs physiologiques

Tous les organismes ne sont pas égaux devant l’ADD. Pour chaque individu, la vitesse de saturation et de désaturation peut varier. Pour un même individu, cette vitesse peut varier dans le temps. Certains facteurs constituent néanmoins des risques :

- le sur-poids : les graisses ont une tendance naturelle à saturer rapidement.
- la fatigue : l’organisme réagit moins bien lorsqu’il est fatigué, et supporte moins les agressions extérieures. Une micro-bulle inofensive pour un plongeur en pleine forme peut avoir des conséquence plus importante pour le même plongeur à la fin d’un stage intensif.
- l’absorption de produits perturbants : alcool, médicaments viennent perturber la réactivité des tissus, et donc leur vitesse de désaturation.
- l’âge du plongeur : l’organisme réagit plus lentement en vieillissant. C’est également vrai dans le cas de la désaturation (circulation plus difficile, ...).
- la condition physique.
- les éventuels accidents antérieurs, fragilisant l’organisme et signe d’une sensibilité particulière à l’ADD.

3.2 Paramètres de plongée

- le temps de plongée. Plus il est long, plus les tissus vont être saturés.
- la profondeur : plus elle est importante, plus les tissus profonds vont être saturés, plus ils vont être touchés.

Profondeur de la plongée  % ADD musculaire  % ADD neurologique
15 m 95% 5%
30 m 50% 50%
40 m 30% 70%

- l’effort fourni durant la plongée : des efforts intensifs (palmage à contre-courant, travaux sous-marin) vont augmenter la circulation du sang et donc la vitesse de saturation des différents tissus. C’est la raison pour laquelle les professionnels plongent avec des tables plus contraignantes que les MN 90 (MT 93, Comex).
- le froid : il doit être considéré comme un effort supplémentaire pour l’organisme, et donc un risque aggravant.
- le profil de la plongée : il faut toujours essayer de commencer par le point le plus profond, et remonter pendant l’exploration afin de commencer la désaturation. Ceci est particulièrement vrai pour les plongées profondes (au-delà de 25 m).

 4 - Symptômes

Les symptômes vont variés en fonction de la zone et des tissus atteints par l’accident. D’autres part, ils ne sont pas forcément tous ressentis par la victime. Enfin, ils peuvent appparaître plusieurs heures après la plongée, d’où une vigilence permanent nécessaire pendant un stage.

4.1 Symtômes généraux

Dans tous les cas, la victime pourra avoir les symptômes suivants.
- fatigue intense.
- perte de connaissance.
- trouble de l’humeur : angoisse, agressivité.
- paleurs, cyanose, pouls irrégulier.
- douleurs localisées, en fonction de la zone touchées.

4.2 ADD sous-cutané

L’ADD sous-cutané se produit généralement chez les plongeurs en combinaison séche, où les plongeurs professionnels restant en caisson lors de leur décompression.

C’est un accidentbénin.

Les symptômes sont :
- des puces : démangeaisons, sensation de piqûre dans la zone atteinte.
- des moutons : éruptions de petits boutons détectables au toucher. Ils peuvent engendrer des démangeaisons.

4.3 ADD articulaires

Cet ADD est lié à l’emprisonnement de bulles dans les articulations. Il est considéré comme bénin, dans la mesure où il n’y a pas de séquelles invalidantes à long termes. Il touche généralement le genou, le coude, l’épaule ou la hanche.

Les symptômes sont :
- douleurs intenses au niveau de l’articulation touchée. Ces douleurs sont également appelées bends.
- immobilisation de l’articulation touchée.

Si cet accident est répété, il conduit à une ostéonécrose (mort du tissus osseux) et une fragilisation du squelette : cas des plongeurs pieds lourds du début du siècle.

4.4 ADD pulmonaire

Les poumons étant directement au contact de l’air respiré, ils sont souvent touchés par les ADD. Ces sont des accidents graves. Les symptômes apparaissent généralement rapidement. Ils sont souvent liés à une remontée très rapide (panique).

Les symptômes sont :
- gêne respiratoire.
- douleur cyclique lié au cycle respiratoire (inspiration / expiration).
- tous.
- cyanose (peau rosée).

L’évolution de cet ADD peut rapidement conduire à un arrêt cardio-respiratoire.

4.5 ADD Médullaire

Accident gravissime. Il peut entraîner des séquelles graves et définitives.

Les symptômes sont :
- une paralysie des membres, généralement les membres inférieurs.
- Paresthésise : sensations tactiles imaginaires (picotement, grattement, froid, ...).
- Perte de sensibilité au toucher.
- Probléme de réflexes : disparition, ou mouvement incontrôlé.
- Violente douleur dorsale (coup de poignard).
- Impossibilité d’uriner.

L’évolution de cet accident peut conduire à une paralysie définitive, souvent paraplégie.

4.6 ADD cérébral

Cet ADD est la conséquence du passage d’une bulle d’azote se trouvant dans la petite circulation (soit parce qu’elle s’y est formé, soit parce qu’un ADD pulmonaire l’a empêché d’être expiré). La bulle, entraînée par le courant, passe alors dans le coeur gauche puis remonte dans la crosse aortique et les carotides dans le sang après les poumons. Les vaisseaux se rétrécissant, elle finit par se bloquer, entraînant l’asphyxie des neurones normalement alimentés par le vaisseau touché, ainsi que la réaction de l’organisme face à un état de choc.

Les symptômes sont :
- étourdissement.
- confusion, propos incohérents.
- perte des sens : toucher, ouïe, vue.
- mouvements imprécis.
- paralysie latérale (permet de le distinguer de l’ADD médulaire) ou totale.

Cet ADD est gravissime, et peut entraîner la mort.

4.7 ADD auriculaire

L’oreille étant directement au contact de l’air respiré, elle est un organe fréquemment atteint lors de ADD.

Les symptômes sont :
- des vertiges.
- des nausées.
- des acouphènes (son imaginaire, bourdonnement).
- des nystagmus : un oeil ( ou les deux) a des mouvements incontrolés.
- diffculté d’audition, voir surdité.

 5 - Conduite à tenir

La réaction doit être rapide, surtout si les symptômes apparaissent tôt.
- rappeler les autres palanquées.
- surveiller les autres plongeurs de la palanquée.
- prévenir les secours à terre.
- administrer de l’oxygéne à la victime, 15 l/mn, afin d’alimenter au mieux les cellules en danger et de désaturer au plus vite.
- proposer de l’aspirine (500 mg) et de l’eau plate afin de liquéfier le sang.
- relever les paramètres de plongée.
- prévenir les secours à terre, en décrivant avec précisions les symptômes et en communiquant les paramètres de plongée.

Une fois sous la responsabilité des secours, le victime sera conduite dans un caisson. Généralement, ses compagnons de palanquées seront également sous surveillance médicale.

 6 - Prévention

- Respecter vitesse de remontée et palier.
- Eviter les plongées à risques : profonde, effort, froid, yo-yo. Plonger à 40 m pour pouvoir se dire "Je suis descendu" alors qu’il n’y a rien à voir est imprudent, voir stupide. Une profonde doit toujours se justifier par ce qu’il y a à voir ou à faire.
- Dans ce type de plongée (pédagogique), ne pas hésiter à gonfler les paliers.
- Ne pas plonger si on ne se sent pas en forme.
- Ne pas changer de méthode de désaturationen cours de stage, a fortiori dans la même journée.
- Pas d’apnée après une plongée.
- Pas d’avion dans les 24 heures.
- Se renseigner sur l’emplacement du caisson médicale le plus proche.
- Prendre en compte le temps de trajet bateau-terre et terre-caisson pour définir le profil de plongée.

Les tissus humains sont classés par compartiment. Un compartiment correspond à un ensemble de tissus dont les périodes de saturation sont égales, ou du moins proches.

Les tables de décompression et les ordinateurs sont basés sur ces différents compartiments. Le nombre de ces compartiments varie en fonction du type de table.

Pour les tables MN 90,


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